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31 décembre 2015 4 31 /12 /décembre /2015 11:16

Après 1 an et 10 mois (673 jours),du 10 juin 2006 au 12 avril 2008,sur les routes du monde, me voilà revenu au point de départ à Brest: la terre est bien ronde!

 

Premier Tour du Monde:
Le 15 Mars 1997, après un saut en parachute avec les copains sur la plage du Moulin Blanc à Brest, j'enfourchais mon vélo "Magic" chargé de sacoches. Après avoir pédalé vers l’Est sur 24044 km durant 333 jours, je suis revenu au point de départ. La terre est bien ronde, elle est magnifique, elle est fragile aussi… elle n’est pas dangereuse : c’est l’inconnu qui engendre la peur. J'ai été particulièrement bouleversé par l'hospitalité du peuple russe tout au long de cette immense et belle Sibérie dont le seul nom évoque chez nous goulag et malheur.

9 ans déjà, on ne sort pas indemne d'un tel voyage, il y a la vie avant et la vie après. Chaque fois que je vois un globe de notre terre, je suis rempli d'émotion! Comment peut-elle être aussi petite pour qu'il soit possible d'en faire le tour à vélo? Il n'y a pas que nous sur cette terre, je ne peux plus croiser un animal sans lui adresser la parole, pardon les vaches de vous avoir qualifiées de "folles" après vous avoir empoisonnées!

Deuxième Tour du Monde:"Un autre Tour"
Magic avait des fourmis dans les pneus, et moi j' étais depuis peu " à la retraite" : le 10 juin 2006 on décidait de repartir! A nous les grands espaces, le vent, le soleil, la pluie, sans savoir le matin où nous serions le soir. Nous allions rouler encore une fois sur cette terre sans faire de bruit, fiers de notre statut de vagabonds.

La boucle est bouclée! Arrivée plage du MOULIN-BLANC le 12 Avril 2008 à 11h20 par un beau soleil. Merci à tous ceux qui sont venus m' acceuillir à Guiclan hier et à Brest aujourd'hui.
5 continents, 32 pays, 673 jours de voyage pour 46440 km à vélo. Une grande aventure partagée avec tous les lecteurs de ce Blog.

 

Et maintenant ... : Après 2 tours du monde à vélo, un tour du monde en bateau ? un tour de Lune ? " Il l'a fait car il ne savait pas que c'était impossible... " Suite au prochain numéro...

 

Cliquez sur le globe pour voir mon parcours!

 

 

 

"Je ne comprends pas les gens qui s'ennuient sur terre,
C'est prodigieux, il n' y a qu' à regarder"

Theodore Monod 

 

Position : 1, rue Maurice Donnay.    29200 BREST

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Published by francois pouliquen
18 septembre 2015 5 18 /09 /septembre /2015 18:44

Un grand merci à tous ceux qui ont pu se joindre à nous et à ceux qui nous ont exprimé leur sympathie et leur soutien.

Vous trouverez ci-dessous le livret de la cérémonie ainsi que les hommages de la famille et des amis.

CEREMONIE D'ADIEU DE FRANCOIS
CEREMONIE D'ADIEU DE FRANCOIS
CEREMONIE D'ADIEU DE FRANCOIS
CEREMONIE D'ADIEU DE FRANCOIS

MOT D'ACCUEIL

Papa, Pops, Farfar ou Poupou, François a marqué chacun d’entre nous. Nous avons tous nos propres souvenirs de moments passés à ses côtés. Il faut dire que François était très actif.

De la ferme familiale de Keryaouel jusqu’à ses voyages autour du monde, il a gardé l’amour du monde paysan et le goût du travail. Quant aux bagarres avec son frère, commencées très tôt, elles lui avaient données le goût du sport. Le foot fut le premier, appris dans la cour de l’école des garçons de Lesneven. Il le mena jusqu’à la place enviée d’attaquant vedette de l’équipe de Guiclan, et plus longuement dans les tribunes du stade Francis Le Blé de Brest. Puis ce fut la course à pied durant les études supérieures à Angers. C’est à cette période qu’il rencontra Monique avec qui il fondera notre famille. Peu après la venue d’Erwan, ses passions pour le Parachutisme et le vélo naissent en même temps que celle pour son travail. Ces passions ne le quitteront plus et c’est d’ailleurs durant cette parenthèse parisienne que Loïc agrandit la famille. Quelques années plus tard une opportunité professionnelle lui permet de revenir vivre dans son Finistère natal, à Brest, près de ses parents. La planche à voile rejoindra alors le parachutisme à Vannes dans les activités partagées en famille le we. La semaine son investissement au travail et ses nombreux déplacements professionnels à l’étranger mettent en valeur les talents d’organisation et d’éducation de Maman.

Quelques années plus tard une certaine fatigue professionnelle et le décès de Grand Père lui font prendre du recul : le travail n’est plus une priorité. Erwan et Loïc sont maintenant autonomes, pourquoi ne pas faire une pause ?: Ce sera l’année sabbatique et un tour du monde à vélo. Le vélo, qu’il définissait lui-même comme « le seul moyen de locomotion ne l’éloignant pas des hommes », est un parfait vecteur de rencontre. Il crée la sympathie, favorise le contact et lui permettra de traverser des pays encore peu ouverts. La famille sera toujours associée : Loïc et Monique le rejoindront en Sibérie pour l’été, Erwan au Mexique pour Noël.

A son retour, le rythme a changé : il se donne plus de temps pour le sport et les voyages. Il y a 10 ans la bonne nouvelle de la retraite anticipée lui offre la possibilité de repartir autour du monde avec son vélo fétiche : Magic. Malheureusement elle coïncide avec la détection de la maladie. Après ce deuxième tour du monde, la santé est bonne et François a un nouveau projet : un tour du monde en bateau. Mais problème : il ne connait rien à la voile !

Comme à son habitude il s’y met sérieusement : stages, formation, permis et pour finir achat d’un voilier : Magic Bihan. Quelques mois plus tard sa santé décline et un traitement est nécessaire : c’est la fin du projet. Vient alors le temps paisible de la retraite : balades côtières, sorties vélo, parachutisme, voyages avec Monique, rôle de grand-père auprès de Livio, Lana et Tessa.

L’été 2014 marque une nouvelle étape : la maladie gagne du terrain et l’oblige à stopper le para puis le vélo. Les voyages seront moins fréquents. Le bateau et les promenades avec Fridu lui demandent de plus en plus d’efforts. Monique lui souffle alors qu’il peut lire et faire lire les enfants dans une école. Ce dernier partage l’enchante et il aimera passer du temps à choisir ses livres. Son dernier été se passera entouré de sa famille et de ses petits-enfants comme il l’avait souhaité.

HOMMAGE DE MONIQUE

Coucou mon François,

L’autre jour, en promenant ton fidèle compagnon Fridu, j’ai rencontré Jo notre voisin qui m’a demandé : « Comment va ton François ? ».

En effet Jo, François était et restera mon François.

Il était de ceux qui aiment organiser, mettre en œuvre un projet, partir pour rencontrer l’autre et comprendre son mode de vie, sa culture.

« La terre est petite puisque j’ai pu en faire le tour en vélo ! », me disais-tu.

Au cours des 10 dernières années, malgré l’épée de Damoclès au-dessus de ta tête, tu as réalisé de nombreux rêves, auxquels tu m’as associée en partie.

Ainsi j’ai pu te rejoindre avec mon vélo lors de ton deuxième tour du monde.

Nous avons traversé ensemble l’Australie du nord au sud et fait un bout de route au Maroc et en Espagne.

Tu avais encore bien des projets mais tu as préféré les annuler en Juin : « Mon corps ne suit plus » me disais-tu.

Tu viens de partir mais cette fois sans vélo, sans bateau. Tu survoleras le ciel avec un parachute céleste et tu veilleras sur nous tous : tes enfants, tes petits enfants chéris, Livio le sportif, Lana la créatrice et Tessa l’observatrice.

Tu pourras veiller de la Haut, sur tous les êtres qui te sont chers, sur tous tes amis.

Et même si notre vie n’a pas été qu’un long fleuve tranquille, Merci Mon Amour pour tout ce que tu m’as apporté, tout ce que tu m’as fait découvrir.

N’oublie pas de m’attendre sur l’autre rive quand le moment sera venu pour moi.

Au revoir « Mon François », tu resteras graver dans nos cœurs.

HOMMAGE DE PATRICIA

Voici un ptit texte co-écrit avec les copains du para-club que je lirai en breton, langue que tu aimes tant.

 

" Setu ur gerig evidout Poupou. A-du omp oll evit komz diwar da benn 'vel ur veajour a vicher, a blij dit bevañ traoù kreñv, ha ma n'eo ket kreñv da betra servij neuze !? Hag ar gwir zo ganez Poupou !

Atav digor war ar bed, evit kejañ gant an dud, ranañ un tamm bara hag ur banne gwin gant an hini o tont. Ur paotr sichant out, leun ha pinvidik mor da galon.

Penn-kil-ha-troad ivez, mont a rez betek penn da mennozioù, hag ur bern mennozioù teus ! Skuizus da heuliañ a-wechoù ! Koulskoude eo chomet Monique en da gichen betek penn, pebezh plac'h kaloneg !

Doujañs teus evit an douar, kemen evit an oabl, ha plij a ra dit c'hoari etre an daou.

D'am soñj omp oll a-du evit lâvar out penn-kalet ivez. Mouzañ pe langachiñ an dud out gouest d'ober. Teus ket aon lavar ar wirionez d'an dud, 'fin da wirionez dit te d'an nebeutañ. Ha difoupet da galon ! Eurusamant n'out ket sirius a-walc'h evit chom mouzet 'pad pell, ur banne bier hag eo renket an afer, ha mat pell zo !

Emichañs e kavi Hawaï du-se, ha plijadur ho po asambles, sur ha n'eo ket marteze. Fri du a chom amañ evit ober war-dro Monik, ar vugale, ar vugale-vihan, Magic bihan, ar saout hag ar re all.

Ar wech-mañ teus ket bet ezhomm manifestiñ evit mont kuit eus Guilers, tok ebet. Ar c'hlañved 'neus tapet ac'hanout hag an Ankou zo deuet d'az gerhat. Gast ar c'hast ! Mankout a ri deomp.

Echu ar vuhez Poupou, echu ar c'hudennoù, peoc'h dit. Mersi bras dit evit tout ar pezh teus ranet ganeomp. Mont a rez kuit met ar peurest a chom. Have a good trip Poupou.

A greiz galon  Y

Da vignoned. Miz Gwengolo 2015"

 

" On est tous d'accord pour dire que t'es un sacré Poupou !

Un sacré voyageur, baroudeur, aventurier, amoureux des rencontres et passionné.

Un sacré bonhomme, humaniste, original, tendre, vrai et entier.

Un sacré breton, pur beurre, penn-kalet, têtu, tenace, râleur et bougon même parfois.

Des sacrés coups de gueules y'en a eu, suivis de réconciliations et de déconnades à tout va.

Mais t'es aussi sacrément ambitieux, audacieux, fonceur, déterminé et jusqu'au boutiste.

La vie tu l'aimes forte et intense, bah oui, faut qu'ça ait du goût sinon elle n'a que peu d'intérêt.

Du plancher des vaches à la rade de Brest en passant par les nuages, tes passions t'ont mené jusqu'au bout du monde. Et Monique toujours à tes côtés, jusqu'au bout, quel courage, et quelle patience parfois, chapeau-bas Monique ! Car pas toujours facile à suivre le Poupou.

Espérons que tu puisses retrouver Hawaï là-bas. Ne t'inquiètes pas pour Fri du, il est entre de bonnes mains et veille sur Monique, les enfants, les petits-enfants, Magic bihan, les vaches et les autres.

Cette fois pas besoin de manif pour quitter Guilers, la maladie t'a attrapé et c'est l'ankou qu'est venu te chercher. Enfoiré de cancer ! Tu nous voles un chic type, un ami. Tu t'en vas Poupou mais tout ce que tu as partagé avec nous reste, et pour tout ça on te remercie, tous ces bons moments passés ensemble, ici ou là. Tu vas nous manquer. Tu dois déjà être en train de préparer le tour d'une autre planète, tu nous raconteras ?

Kenavo Poupou, have a good trip.

Love  Y"

HOMMAGE DE JIPPY

On m’a demandé de résumer en quelques mots la vie de parachutiste sportif de François. Exercice difficile pour moi, un de ses amis parmi de très nombreux en France et dans le monde, car cette partie de sa vie a été, elle aussi, intense, variée, passionnée.

François a débuté en 1970 à Nevers. Son métier l’ayant rapproché de Paris, il continue à sauter à la Ferté Gaucher de 1971 à 1982. Il découvre alors le vol relatif à 4, à 8, à 16, en particulier dans la fameuse équipe à 16 des « Frères de la Cote », alliance de Bretons et de Parisiens.

Pendant ses vacances d’été en Bretagne, il vient souvent sauter sur le centre de Vannes. C’est à cette époque que nous avons fait sa connaissance et celle de sa famille, Monique son épouse, Erwan et Loïc se fils.

 Puis sa mutation professionnelle à Brest en 1982 marque son arrivée définitive sur le centre de Vannes.

Nous découvrons alors Poupou, surnom donné à François à la Ferté Gaucher . Nous avons tout de suite adopté ce surnom. Il perdure, j’en veux pour preuve les récents messages sur les réseaux sociaux.

A Vannes, François ne se contente pas de venir sauter, il s’investit rapidement dans le développement du centre, se battant becs et ongles pour l’achat du premier PILATUS.

On découvre alors le Poupou, breton au caractère trempé du Finistère Nord, avec en plus un coté gouailleur de parisien fertois.

Ce métissage faisait partie intégrante de son personnage, de son originalité.

Bien sûr, François va communiquer sa passion à ses fils Erwan et Loïc. Le premier vol relatif à 3 des POULIQUEN a laissé quelques traces de sueurs froides : ouverture basse sous la couche de nuages. Plus tard l’élève Erwan dépassera le maitre François devenant avec les équipes de France de Vol Relatif à 4 et à 8 plusieurs fois Champion du Monde, grande fierté légitime de Monique et François.

Il aimait aussi les grandes formations, à Vichy, à Empuria, à Brienne le Château. Il y apportait sa passion, son perfectionnisme mais aussi son humour grinçant sans oublier de râler quand même un peu si nécessaire. Au cours de ses 2 tours du monde en vélo, François a continué à pratiquer le parachutisme au gré des occasions. Après le traditionnel saut de départ sur la plage du Moulin Blanc à Brest, il a ainsi pu sauter en Pologne, Roumanie, USA, Thaïlande, Maroc, je dois en oublier. De passage à Vannes, sur la route du retour de son 2e tour du monde, nous lui avons organisé un saut à la même altitude que son plus haut sommet en Amérique du sud, 4600m. Grand moment d’émotion pour préparer l’atterrissage d’un autre quotidien.

On ne peut pas parler de François sur les terrains d’aviation sans évoquer ses chiens Hawai puis Fridu. Chacun à leur manière a fait tourner en bourrique les directeurs techniques de nombreux centres, jouant dans la salle de pliage ou pire, courant sur la piste après l’avion au décollage quand François était à bord. Liés au personnage de François ils étaient acceptés comme tels, malgré leur indiscipline. Tel chien tel maître, voir son contraire.

François fut aussi animateur bénévole de Vol Relatif et beaucoup de jeunes parachutistes lui doivent d’avoir découvert les joies de la chute libre en groupe.

Bon d’accord il n’était pas toujours tendre, mais toujours exigeant, rigoureux, juste et donc très apprécié.

Et puis quand même, François, on n’oubliera jamais les plus grands moments des TAMALOUS :

  • les briefings, où tu réussissais à faire se coucher dans l’herbe mouillée ou sur le bitume une trentaine de parachutistes équipés,
  • Les montées en avion où tu distillais encore quelques conseils parfois déstabilisants,
  • La chute où rien qu’un regard de toi pouvait troubler,
  • Et les débriefings mémorables où même la vidéo ne permettait pas de départager les opinions.

D’ailleurs tu avais compris que la meilleure défense c’est l’attaque.

Et puis, de toutes façons, tout se terminait au bar autour des bières méritées ou consolatrice, selon les cas.

Fin 2005 François a encore donné de son temps, de son énergie et de son expertise pour réaliser la vente du 1er PILATUS et l’achat d’un PILATUS neuf, performant. Récemment il avait même découvert le vol en Wing Suite.

Il y a un peu plus d’un an, l’aggravation de sa maladie a obligé François à arrêter de pratiquer après 5000 sauts.

Je ne pense pas trahir la pensée de tous ses amis du centre école de Vannes en disant que François restera toujours dans nos esprits et nos cœurs. François, notre ami Poupou, on ne t’oubliera jamais.

« Kénavo, Kénavo,

Puisque ton gros bateau,

Doit t’emporter bientôt.

Kénavo, Kénavo

Dans un dernier sanglot

Quitttons nous sur ce mot.

Kénavo »

Théodore BOTREL

 

HOMMAGE DE JACQUES

François,

Tu as souhaité que je fasse cette intervention. Je te remercie ainsi que ta famille pour votre confiance.

Je me souviens encore de ton dernier jour à l’usine de la route du Conquet en 2005. Nous terminions la semaine par une réunion « Chefs de service ». En fin de réunion, je m’étais proposé de saluer ton parcours au sein de notre société et te souhaiter bon vent pour ta retraite. Je lève la tête et constate que tu n’es plus dans la salle. Tu t’es éclipsé discrètement ! Comme aujourd’hui !

Il est des circonstances, ou tout peut devenir dérisoire, tout peut se brouiller, tout peut devenir incohérent !  L’affectif vient alors troubler le rationnel et le raisonnement ! Le monde cartésien bascule !  Aujourd’hui nous vivons un tel moment et chacun d’entre nous se demande : Faut il parler ? Faut-il se taire ? Faut-il prier ? Faut-il crier à l’injustice ? Faut-il…. ? Au plus profond de soi chacun cherche ses propres réponses !

Avec tous tes amis de Thales, rassemblés dans cette église ou excusés parce qu’en mission, je viens te rendre un dernier témoignage d’amitié.  En toute humilité, sans aucune prétention, tout simplement avec sincérité et émotion !

Après de brillantes études à l‘Ecole d’Ingénieurs d’Angers puis à l’Ecole Supérieure d’Aéronautique  (Sup Aéro pour les initiés), tu rejoins la division simulateurs du groupe LMT à Trappes dans les Yvelines. Bientôt les simulateurs de vol des Mirage F1 ou autre Super Etendard n’aurons  plus de secrets pour toi, te permettant même quelques retours au pays lors de missions à la BAN de Landivisiau.

Originaire de Guiclan, tu lorgnes vers l’ouest et à l’automne 82 se présente une opportunité  à Brest dans la Division Activités Sous Marines de Thomson CSF qui après moultes appellations deviendra Thales Underwater Systems en 2001. Tu rejoins l’équipe d’un autre guiclanais, Martial Saillour, en tant que « Program Manager ». Les années 80 voient notre entité brestoise imposer ses produits de Guerre des Mines dans le monde entier. Même la très puissante Marine Américaine achète brestois et tu seras le responsable de ce programme durant les phases de développement et d’industrialisation.

 Aux cotés de Raythéon notre partenaire américain tu es au cœur d’une belle « success story » pour notre entité brestoise!

Homme de défis et souhaitant donner libre cours à ta créativité tu deviens le responsable « Polique produits » en Guerre des Mines. Tu n’auras de cesse de pousser les innovations et plus particulièrement le nouveau concept de Sonar Propulsé de l’avant. Qui dans le domaine ne se souvient encore du pari insensé de démontrer en condition opérationnelle, avec le support de la marine nationale, ce nouveau concept aux Marines du monde entier à l’occasion d’EURONAVAL 1994. La baie de Douarnenez n’a jamais vu autant d’amiraux ! Pari insensé ! Paris gagné !

En 96 tu t’offres un break pour un premier tour du monde à vélo ! Un autre pari insensé croyait-on ! Pas du tout ! Quand tu reviens un an plus tard, tu hérites des mêmes responsabilités mais en Aéroporté. La boucle est bouclée ! Tu pars en pré-retraite en 2005. Un autre grand projet  t’attend. Nous savons tous que tu as su le mener à bien !

Les métiers que tu as exercés sont très exigeants et à contraintes fortes. Multi facettes, ils exigent de conjuguer les attentes des clients, du marché et la réussite économique de l’entreprise. Pas toujours facile !

Ils nécessitent de posséder de grandes capacités d'écoute, un sens aigu de la négociation mais aussi une profonde aptitude à la communication. Tu as tout cela François! : Avec en plus cette force de conviction qui te caractérise, déroutante, désarmante, et qui finit toujours  par emporter l’adhésion ! Tu n’as que des certitudes, jamais de doutes ! Tu es l’homme des grandes certitudes !

Par ton professionnalisme et tes compétences tu as su apporter une forte contribution  à la progression de l’entité brestoise de Thales Underwater Systems en prenant en compte les changements de notre environnement externe, de nos métiers, de nos méthodes de travail et des évolutions du groupe Thales.

Tous,  nous avons pu apprécier ton engagement, ton enthousiasme, ta simplicité, ta modestie dans les relations humaines, et la totale confiance que nous pouvions avoir en toi dans nos relations de travail.

 Dans un autre registre, nous nous souvenons aussi de ces soirées conviviales passées ensemble à refaire le monde lors de nos déplacements aux USA, en Norvège, en Suède, à Singapour, en Corée, au Japon, en Australie et dans bien d’autres pays. Par ta convivialité, ta curiosité intellectuelle et ton aptitude à débattre, tu savais les rendre combien intéressantes et agréables.

Plus récemment, membre très actif de notre amicale de vétérans, tu animes nos déjeuners trimestriels à La Chaumière par tes récits sortant toujours de l’ordinaire : le bateau ta nouvelle passion, la route 66, la Birmanie, la Corée du Nord et puis...

Nous devions nous voir aujourd’hui …..Mais tu t’es éclipsé…discrètement…

Repose en paix François ! Tes amis de Thales ne t’oublieront pas !

« La plus belle sépulture, c’est la mémoire des hommes »    André Malraux

HOMMAGE DE EMILE

A François,

Jeudi est un jour de sortie pour le G.C.B (Groupe Cyclo-Brestois). François y était assidu. Aujourd'hui, ses amis, ses camarades, ses copains sont venus à Guiclan pour lui rendre un dernier hommage. Je ne connaissais pas encore François que déjà au GCB j'entendais parler de quelqu'un qui avait accompli un tour de la planète à vélo et qui s'apprêtait à en faire un deuxième. Quand j'ai eu le plaisir de le rencontrer, et après de nombreux échanges sur nos conceptions respectives de la vie et sur ce qui a de la valeur en ce monde, et qui mérite donc d'être connu et vécu, j'ai eu la réponse : François était attiré par la quête de l'évasion, de l'infini. Il avait besoin de retrouver la nature, de garder le contact avec la terre, l'arbre vert, l'eau vivante, l'air pur, la lumière du soleil, les éléments naturels dans tous leurs états.

Il lui fallait partir à l'aventure, retrouver les vallées vertes, la montagne, le ciel, la mer. Il lui fallait partir à l'aventure sur la route qui ne finit jamais, sur les chemins aux détours imprévus, qu'il découvre d'autres visages, d'autres horizons, qu'il gonfle sa poitrine d'air frais et emplisse ses yeux de lumière. La quête de l'altérité, le besoin de découvrir les autres, étaient ancrées en lui : à ce titre, il avait été émerveillé m'avait-il dit, par un des plus chaleureux accueils qui lui fut réservé par des nomades plus que modestes sur les hauts sommets de l'Iran, tordant de même le coup à certains préjugés ou lieux communs. Par contre il a aussi vérifié lors de son périple que la richesse et le luxe ne génèrent pas souvent ni générosité ni chaleur humaine. Pour autant, François n'a jamais oublié ses orignies Bretonnes et Terriennes. Il n'a jamais oublié Guiclan et ce qu'il y a vécu. Il prenait bien souvent plaisir à deviser en Breton avec Marcel, François, Jo, Rémi et moi-même.

Dans sa quête de l'infini, des grands espaces, je me demande si François n'avait pas dans un petit coin de la tête le projet d'un tour du monde en bateau. Lui seul avait la réponse. En saluant une dernière fois François, nous saluons un citoyen du monde.

HOMMAGE DE LIVIO

Farfar c’est comme ça que je t’appelais car cela veut dire père du père en norvégien.

Je voulais simplement te dire que j’espère que là où tu es maintenant tu peux faire autant de vélo de bateaux et de parachute que tu veux.

En tous cas à l’école je me suis souvent vanté d’avoir un grand-père qui avait fait deux tours du monde en vélo.

Je me rappelle même d’une fois ou Pierre Chalot et toi étiez venus dormir à la maison. Je n’arrivais pas à m’endormir car vous parliez trop fort. Je vous avais alors trouvé les surnoms de Pipelette et Rabajoie.

Rabajoie, comme à moto à Chicago quand tu rouspétais contre les indications routières de Mamie. Mais Mamie avait toujours raison, tu me faisais bien rire!

Je te souhaite bonne route FarFar.

HOMMAGE DE LUC

LE DERNIER VOYAGE 

je suis debout sur le sable,au bord de la mer. a mes cotés ,un navire déploie ses voiles

au son de la brise matinale,s'étire vers le large.

Il signifie la beauté et la force. je le regarde s'éloigner jusqu'à ce qu'il ne soit plus qu'un nuage blanc entre ciel et terre à leur point de fusion.

Alors,quelqu'un à mes cotés me dit: »le voilà qui est parti »

Mais parti ou?

C'est moi qui ne le vois plus .C'est tout. il demeure aussi grand qu'il était lorsqu'il fut à mes cotés;il porte sa cargaison vivante à destination. Sa petitesse est l'effet de ma propre perception et non de sa réalité.

Et au moment précis ou il me dit : »le voilà qui est parti »,d'autres yeux scrutent l'horizon et d'autres voix sont prêtes à relever le cri de joie: »le voilà qui arrive! »

et c'est cela la mort.

 

texte réalisé lors de la disparition de PEATER BLAKE  navigateur australien assassiné par des pirates au large du SURINAM.

HOMMAGE DE LAURENT

Hommage à François le globe-trotteur

 

François aimait  cette citation de  Theodor Monod qui disait :

"Je ne comprends pas les gens qui s'ennuient sur terre , c'est prodigieux , il n'y a qu'a regarder  ".

Et pour regarder , en véritable  aventurier, il  aura fait 2 tours du monde  avec son velo qu'il appelait affectueusement  " MAGIC" . Mon Ange Gardien Inter Continental

Ce  simple velo  fut pour François le passeport  vers de merveilleuses rencontres humaines qu'il appréciait par dessus tout.

Jouer avec des enfants Pakistanais , faire la fête avec des Russes autour d'une bonne bouteille de Vodka , réparer son vélo avec des copains  Sénégalais .

 Ces milliers de petits instants magiques qu'il collectionnait au hasard de sa route.

Ces voyages  lui  faisaient dire que "La terre est bien ronde, elle est magnifique, elle est fragile aussi… elle n’est pas dangereuse : c’est l’inconnu qui engendre la peur".

Ses paroles de sagesse sont encore plus d'actualités car François faisait preuve d'une grande analyse mais réagissait surtout avec son coeur.

C'est certainement pour cela qu'il aura marqué à jamais tout ceux qui ,un jour ,l'ont croisé sur leurs chemins.

Il n'aura pas eu le temps de coucher sur papier ses impressions mais 

lisez son blog , car il était un merveilleux conteur .

Un jour il écrivit: 

"J'ai l'impression que Magic  m'attend à la porte du Cybercafé, bien gardé par un gringo souriant. 

J'ai accompli mon habituel devoir de globe-trotter pédalant, il ne reste plus qu' à planter la tente pour la nuit. 

Vous vous souvenez: toujours l'orienter vers l' Est pour recevoir les premiers rayons du soleil, demain sera un autre jour. "

Tu as quand même planté ta tente un peu trop tôt François.

Published by francois pouliquen
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14 septembre 2015 1 14 /09 /septembre /2015 12:35

Après avoir combattu la maladie, François nous a quittés hier soir, dimanche 13 septembre, entouré de sa famille. Nous vous remercions pour vos témoignages de soutien au cours de ces dernières semaines. La cérémonie religieuse aura lieu jeudi 17 septembre à 14H30 en l'église de Guiclan (Finistère). Des dons pour la recherche médicale seront préférés aux fleurs. Le blog restera accessible et permettra à tous de profiter de ses expériences et de ses voyages. Les visites sont possibles au funerarium de Landivisiau (Finistère) de 8H à 18H jusqu'à jeudi. Nous y avons aussi placé un lecteur CD, un album photos et un cahier de condoléances.

 

 

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16 décembre 2014 2 16 /12 /décembre /2014 21:37

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Ce matin mardi 16 décembre 6 talibans lourdement armés ont fait irruption dans une école de Peshawar au nord-ouest du Pakistan tout près de la frontière afghane. Bilan : 141 morts et plus de 180 blessés en majorité des écoliers et des étudiants, tous enfants de militaires de l'armée régulière pakistanaise. Ce massacre est une action de représaille.

Je fais cet article pour leur rendre hommage, victimes innocentes de la folie humaine .

 

Je suis passé pâr Peshawar les 4 et 5 novembre 2006, la photo ci-dessus a été prise quelques jours auparavant. La traversée du Pakistan avait été pleine de rencontres incroyables tantôt avec l'armée pakistanaise qui m' escortait à moto ou en 4X4 dans les zones qu'elle jugeait dangereuses, tantôt avec les talibans eux mèmes dans les zones tribales sous leur controle. Magic était mon sauf conduit, comme d'habitude...Les discussions étaient toujours franches et ouvertes avec les deux parties, j'avais été fortement ébranlé par la foi religieuse et le discours sans nuances des talibans.        

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16 décembre 2014 2 16 /12 /décembre /2014 09:14

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Joyeux Nöel et Bonne Année 2015 à tous les visiteurs de  "Un autre Tour"

 

lNous voulions tous les trois (Monique, Loïc, François) assister à un grand match de foot dans le plus grand stade européen. Le match retour de Champions League FC Barcelone contre PSG le 10 décembre tombait à pic ! Le mythique Camp Nou fait 100000 places, enfin 99860 exactement. On a loué une chambre d'hotel à 300 mètres du stade pour ètre vraiment dans l'ambiance. A votre avis il faut combien de temps pour remplir un stade de 100000 places? Moins d'une demi heure!

Nos places sont au dernier rang tout là haut, cette vue d'hélicoptère est idéale pour bien suivre le match sur le plan tactique, une bonne paire de jumelles permet de suivre les phases arrètées et les frictions entre joueurs..Le petit muret derrière nous donne directement sur un vide de 50 mètres avec les lumières de la ville en arrière plan, il ne faut pas avoir le vertige.

      DSCF1763.JPG  La magnifique pelouse est copieusement arrosée avant le coup d'envoi .Neymar, Messi, Suarez, Iniesta, Ibrahimovitch, Thiago Silva, David Luiz: toutes les stars sont là. On essaie d'évaluer le montant des transferts que ça représente : plus de 500 millions d'euros avec des salaires mensuels allant jusqu' à 3 millions €, quand on aime on ne compte pas?

 Après un premier quart d'heure de domination du Barca, Ibra recoit la balle au point de penalty et d'une frappe sèche il crucifie le jeune gardien: 1-0 pour le PSG, ça ressemble à un hold-up !. Un silence de plomb envahit le stade, un silence tellement assourdissant qu'il masque complètement les hurlements des 1500 supporters parisiens parqués tout là haut en face de nous. Les spectateurs implorent le "Messie", il ne se fera pas attendre, 3 minutes plus tard dans un déboulé qui déboussole les défenseurs tétanisés il remet les pendules à l'heure : Messi 1 / PSG 1. Laurent Blanc est fou furieux de ce relachement fautif mais classique après le premier but marqué. Messi va trottiner le reste de la partie et laissera Neymar et Suarez alourdir la note, score final: Barcelone 3 / PSG 1.  Le stade se videra encore plus vite qu'il ne s'est rempli, les rues adjacentes sont noires de monde, la bonne humeur est de rigueur malgré quelques bagarres dont fera écho la presse du lendemain..

 

 

 

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15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 11:02

 

Voilà déjà 5 mois que nous venons de faire ce voyage.

Nous avions d'abord raté le vol Pékin - Pyongyang, la compagnie Nord Coréenne Korio ayant décollé avec 5 heures d'avance sans nous prévenir. Trois jours d'attente, bravo les voyages super organisés!

 

 

Premier jour en Corée du Nord:


Le nez collé sur le hublot du Tupolev 204 en approche sur Pyongyang, j'essaie de capter les premières images du pays le plus mystérieux de la planète. Les champs sont tous quadrillés, la terre a une couleur grise uniforme et semble manquer d'eau. Pas de hameaux disséminés au p'tit bonheur comme chez nous mais ça et là des alignements d'habitations toutes identiques: la politique du pays est déjà visible du ciel, bienvenue au royaume du collectivisme souverain.  

 

LDSCF0234'atterrissage est parfait mais le pilote ne peut gommer les secousses provoquées par les dalles de béton disjointes d'une piste hors d'age. Le long du taxiway des hélicoptères russes  sont recouverts d'un tissu de protection poussiereux qui doit servir aussi de camouflage. Sur le tarmac de l'aéroport, une dizaine d'avions de transport Antonov avec le nez vitré caractéristique d'une capacité de reconversion en  bombardiers, mais pas de traces d'avions de chasse qui doivent ètre dans des abris sousterrains...  

L'aéroport nous fait penser à celui de Brest il y a 20 ans mais des travaux d'agrandissement sont en cours, la récupération des bagages sur un seul tourniquet grincant nous laissera tout le temps d'admirer les portraits géants  de Kim Il Sung et Kim Yong Il . Les douaniers sont affables et souriants, appareil photo, téléphone et ordinateur portable sont autorisés mais le GPS est interdit. 

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Notre comité d'acceuil nous attend à la sortie:  

Joan 45 ans est le guide en chef, parlant un français parfait et connaissant bien l' histoire de France bien qu'il ne soit jamais sorti de son pays. Beaucoup d'humour mais il sera toujours un peu stressé sans doute à cause de mon coté difficilement maitrisable..,

Kim 23 ans est le guide stagiaire, il se débrouille pas mal en français mais n'est jamais sorti de Pyongyang. Il va découvrir son propre pays avec nous et nous posera plein de question sur la France, quand Joan n'est pas à portée de voix!      

    Ham la trentaine est le chauffeur du minibus coréen, gants blancs pour conduire et chiffons pour faire briller le carosse.

Ils sont tous les trois en costume sombre impeccable avec des noeuds de cravate d'une symétrie parfaite et des chaussures noires qui peuvent servir de mirroirs. Avec Monique et moi nous serons donc 5 à bord minibus pour visiter le pays, la bonne humeur sera toujours de mise et plusieurs fois nous chanterons ensemble la Marseillaise y compris "Contre nous de la tyrannie, l' étendard sanglant est levé" !    

    L'autoroute vers Pyongyang est très large mais pratiquement déserte, juste quelques vélos lourdement chargés de sacs de riz , des tracteurs rouges poussifs et des charriots avec des grandes roues en fer tirés par des boeufs à 2 km/h. Des paysans travaillent en petits groupes dans les rizières avec ça et là des banderolles rouges et blanches de slogans à la gloire des Kims et de la Révolution. Et les soldats? Ils sont partout souvent marchant au pas par petit groupe, toujours impeccablement vètus. Le message vers la population " Soyez rassurés, l'Armée veille sur vous " doit ètre recu 5 sur 5.

 

Première impression en arrivant dans la Capitale: c'est immense, propre et bien ordonné, pas du tout l'aspect sinistre que nos médias nous montrent habituellement. Des immmeubles récents de 20 à 30 étages, beaucoup de cyclistes et des piètons pas pressés, toujours bien habillés avec une mine plutôt réjouie. Les transports en commun ( bus et tramway) sont d'un autre age et cherchent un second souffle.  

 

DSCF0241.JPG " Nous allons au cirque à 18 heures si vous le voulez bien " nous informe Joan, c'est un ordre sous forme de proposition. Nous ne serons pas décus: plus de 2000 spectateurs  dans le palais du cirque, les femmes sont en costume traditiionnel en forme de cornets à glace retournés, nous avons deux sièges réservés au premier rang. La représentation va démarrer à la seconde près, il n'y a pas un seul siège de libre!

 Des numeros internationaux de haute voltige, chinois, russes, égyptiens...( tous les pays frères réunis !) vont se succéder durant 1,30 heure. Les applaudissements fusent dans une ambiance  de réelle bonne humeur partagée.    

Le soir nous nous retrouvons au restaurant avec plusieurs autres cars de touristes aux couleurs de KITC (Korean.International Travel Company), agence étatique incontournable. Légumes, riz et poissons sont à la base des différents assortiments présentés dans des coupelles. Nous rejoignons vers 20 heures l'immense hotel Akkekando situé sur une ile au milieu de la rivière Taedong (c'est plus efficace pour controler les touristes). " Rendez-vous ici demain à 8 heures" nous dit Joan qui semble soulagé de cette première journée sans anicroches. Notre chambre est située au 40 éme étage avec donc une vue imprenable sur la ville, les tours les plus hautes émergent difficilement de la brume. Une chose surprenante en ouvrant la fénètre: il n'y a pas ce grondement sourd généré par le traffic et les activités d'une grande métropole, on dit qu'à Pyongyang on peut ètre réveillé la nuit par un enfant qui pleure dans la tour d'en face... Les étoiles sont bien visibles dans le ciel car la pollution lumineuse est minimale.

 

Deuxième jour 

   

    DSCF0285Aujour'hui 15 avril, c'est l'anniversaire de la naissance de KIm Il sung, le père de la patrie décédé le 15 avril 1994. Monique, très émue, va déposer une gerbe de fleur devant les deux gigantesques statues de Kim Il Song et de son fils Kim Jung Il. Il y a beaucoup de monde sur cette explanade de Mansudae, des groupes de militaires marchant au pas, des hommes et des femmes en tenue d'apparat, tout le monde fait preuve d'un profond receuillement. Ce qui frappe dans ces statues et portraits des Kims que nous verrons partout  c'est leur attitude de proximité avec leur sourire radieux et leurs belles dents blanches.  

 

 

     

 

 

 

 

    Un peu d'histoire:

La Corée (Nord et Sud) a été annexée durant 35 ans par Le Japon (1910-1945). L'occupation japonaise a été impitoyable, les ressources naturelles, humaines, culturelles sont pillées. La résistance à l'occupant s'est organisée peu à peu avec Kim Il Sung comme un des leaders. Le Japon (après avoir reçu 2 bombes atomiques américaines) capitule sur tous les fronts en Aout 1945 et se retirent de Corée où Russes et Américains se retrouvent face à face et organisent la partition du pays en 1948. Deux ans plus tard c'est la terrible guerre de Corée (1950-1953) entre le Nord et le Sud qui fera plusieurs millions de morts pour aboutir 3 ans après sur la mème ligne de démarcation... On en est toujours là aujourd'hui, le traité de paix n'est toujours pas signé, la guerre est donc toujours déclarée entre le Nord et le Sud !

 

                                                                                           Le musé de la Guerre est grandiose, la visite commence par les trophés de guerre pris aux Américains: chars, canons, aDSCF0332vions de chasse et surtout le fameux bateau espion USS Pueblo capturé  dans les eaux territoriales de la Corée du Nord. Le bateau bourré d'antennes est en parfait état, les bandes magnétiques sont toujours là. Il faisait des relevés météorologiques d'après les américains!!! L'équipage de 61 hommes sera maintenu prisonnier durant 1 an et libéré après les excuses officielles du Président des Etats Unis. Le musé abrite un diorama sur 360° retracant les principaux épisodes de la guerre de Corée: au premier plan vous avez des équipement réels et en arrière plan un paysage recomposé sur une profondeur de champ de 20 km, le réalisme est tout à fait prodigieux. Le bruit des bombes, des canons et des mitrailleuses vous laissent pétrifié.

 

Les défilés militaires et civils (jusqu' à 100000 participants) ont lieu sur la gigantesque place Kim Il Sung, des marquages au sol de différentes couleurs facilitent les alignements parfaits...

 

L'après-midi nous prenons tous les 5 notre minibus pour aller vers  Nanpoe à l'embouchure du fleuve Taedong. Un barrage-écluses de 7 km de long a permis de domestiquer le cours du fleuve, c'est la grande fierté du Régime. La route est toujours aussi large et toujours aussi vide...Nous nous arrètons à la maison natale de Kim Il Sung, ( nouveau dépos de gerbes pour Monique) : soldats, femmes, hommes, jeunes couples, enfants...Tout le monde partage sa profonde dévotion pour le Grand Leader!

Une vingtaine de kilomètres plus loin nous visitons une ferme coopérative de taille moyenne (1000 hectares pour environ 1000 ouvriers). La visite commence par les statues des 2 Kims sur le terre-plein d'entrée, re-gerbe et re-courbette pour Monique qui y prend gout. Toutes les fermes ont la mème organisation hiérarchique inspirée de l'armée, les objectifs du Plan sont déclinés pour toute la pyramide. Les familles vivent dans des petits appartements regroupés dans des immeubles de 2 à 3 étages. Chacune a le droit d'exploiter un petit lopin de terre pour ses besoins propres. Ecoles, théatre, clinique, petit magasin, tout est à portée de ...vélos. J'aurais voulu visiter les hangars de matériels agricoles, ça sera pour la prochaine fois!

Nous passerons cette deuxième nuit en pleine forèt dans un somptueux bungalo pour dignitaires des pays frères. Joan nous fera un barbecue de moules , il sait tout faire ce guide!  

 

Troisième jour:

 

 DSCF0412.JPG   Epais brouillard au lever du jour, nous devons emprunter des routes cahotiques pour nous rendre au barrage. Les paysans et les boeufs vont aux champs, les enfants vont à l'école à pied ou à vélo, personne n'est pressé..La brume ajoute encore au surréalisme du décor!  STOP dis-je à Ham en lui montrant l'appareil photo, " NO STOP " répond Joan, déjà vexé que je prenne des photos à travers le parebrise sans lui demander l'autorisation. Eh oui, nous sommes en Corée du Nord, pas entre Milizac et Guipronvel... Nous arrivons enfin à la tour de controle du barrage perchée en haut d'une colline: sous nos pieds la brume, on ne voir rien par contre on imagine bien cet ouvrage monumental inauguré par Kim Jung Il en 1986. Le  musée dans la tour est très pédagogique avec force maquettes et vidéos. Le président Carter est venu visiter le barrage (après sa présidence, tout de mème!) qui a permis d'éviter des sècheresses et des inondations mais sans doute au prix de profonds déséquilibres dans l'écosystème mais c'est pas dit dans la chanson...

 

De retour à Pyongyang en fin d'après midi, nous ferons au pas de course le circuit du parfait touriste:

- Le monument de la Réunification . Il réprésente 2 femmes coréennes en costumes traditionnels  symbolisant les 2 Corée se penchant l'une vers l'autre au-dessus de l'autoroute partant vers le Sud..

- Le metro comporte seulement 2 lignes très profondes servant aussi d'abri anti-atomique, mais Joan restera muet comme une carpe sur ce sujet. Les stations sont immenses et superbement décorées à la gloire du régime, Joan récitera impeccablement sa leçon. Les wagons sont très spacieux, les coréens rentrent du travail, ils ont l'air contents et pas stressés du tout. Ils nous observent avec intérèt mais pas de gestes amicaux et encore moins de tentatives de conversation.

- L'Arc de triomphe,  bien sûr le plus haut du monde,  " 9 mètres de plus que le votre" dit Joan avec fierté. J'ose pas lui dire que je m'en fous complètement, j'ai déjà pris un carton jaune ce matin.

- Le stade Kim Il sung de 100000 places (plus grand que le Maracana)  bati à l'endroit mème où il a fait son premier grand discours politique en 1945 après le départ des Japonais

- La tour du Juché ( on dirait un cierge de 170 mètres de haut avec une flamme rouge) est probablement le monument le plus énigmatique de Pyongyang surtout la nuit. Le Juche est la doctrine de la Corée du Nord, on la doit bien sûr à Kim Il Sung. Selon le Juche l'homme est le maitre de tout l'univers et il décide de tout grace à sa créativité, sa conscience et son indépendance (gloups!!!) mais il ne peut atteindre le Juche tout seul, c'est le peuple tout entier qui en partageant ces mèmes idées lui donne la force nécessaire (ouf! on respire..).

 

Quatrième jour

 

Pyongyang se réveille encore dans la brume ce matin  mais la flamme rouge du Juché est toujours là. Quels sentiments éveille-t-elle au plus profond des coréens ?  Nous allumons la TV : les chants patriotiques tournent en boucle entrecoupés DSCF0465.JPGde reportages montrant la beauté du pays et les magnifiques réalisations du peuple coréen. Et toujours omniprésentes les statues et les portraits géants des deux Kim! On voudrait crier " C'est bon, j'ai compris, je me rends..." mais il n'y a pas d'échapatoire à la propagande du régime.

Nous prenons notre minibus vers 8 heures, route au nord vers le mont Myohyang à une centaine de kilomètres de Pyongyang. Le palais de l'Amitié Internationale est impressionnant: plus de 100 salles exposant plus de 100000 cadeaux reçus de plus de 180 pays voulant témoigner leur amitié à Kim Il Sung, Kim Jung Il  et Kiim Jung Un.. Halte aux superlatifs! Mais il faut montrer au peuple coréen que leurs leaders sont reconnus et admirés dans le monde entier.

Nous visitons ensuite un temple bouhdiste, il n'y a qu'un seul moine les autres sont parait-il plus haut dans la montagne. Officiellement la pratique d'une religion est possible mais c'est contradictoire avec les idées du Juché, Kim Il Sung est le Dieu qu'il vaut mieux vénérer...   

 

Cinquième jour

   

Cap au sud aujourd'hui pour visiter la fameuse DMZ (Demilitarized Zone) qui marque la frontière infranchissable avec la DSCF0668.JPGCorée du Sud. Après 160 km sur une autoroute absolument déserte nous arrivons à Pannumjom. Les multiples check points, les miradors  et les blocs de béton anti-char  nous font savoir qu'ici on tire d'abord. La DMZ est un no men's land  de 4 km de large et de 200 km de long, malgré son nom c'est la zone la plus militarisée du monde, truffée de tunnels et véritable paradis pour les animaux sauvages dont plusieurs espèces lui doivent leur survie. Trois barraques bleues ont été construites au milieu de  la DMZ, la ligne de séparation passe au milieu de la table des négotiations. Les soldats comme les touristes sont ici face à face, prèts à en découdre..Et si tout cela n'était qu'une vaste comèdie orchestrèe par les USA?

La puissance militaire de la Corée du nord est complètement exagérée, tout l'équipement militaire est dépassé et il n'y a pas un fusil pour chacun des 1.3 millions de soldats. Mais cela permet d'entretenir la peur en Occident et donc d'entretenir de puissantes bases américaines en Corée du Sud...

 

Sixième jour

 

    DSCF0765.JPGNous reprenons ce matin notre Tupolev pour Pékin avec plus de questions que de réponses mais avec aussi une profonde sympathie pour ce pays. L'adieu à Joan, Kim et Ham nous rempli d' émotion car nous savons que nous ne nous reverrons pas et que nous ne pourrons pas communiquer. Nous n'avons pas du tout l'impression de les abandonner à leur triste sort, ils habitent un beau pays dont ils sont très fiers, leur liberté/égalité/fraternité a ici aussi tout son sens, sans doute différent du notre.

La réunification des deux Corée est le rève de tout coréen du nord, rève bien entretenu par le pouvoir en place qui fera tout pour que cela ne se produise pas tout en disant que c'est la faute des coréen du Sud endoctrinés par les américains...

 

Destination  Seoul en Corée du Sud

A vol d'oiseaux  Seoul  est seulemnt à 200 km de Pyong Yang mais il faut repasser par Pékin


Nous comprendrons vite qu'en Corée du Sud personne ne souhaite cette réunification. Ici c'est le capitalisme forcené, tout le monde a son I-phone collé à l'oreille, la sollitude au milieu de la multitude.

Un drame national vient de frapper le pays, un ferry plein de jeunes étudiants s'est retourné en pleine mer et 400 passagers ont été pris au piège dans les cabines alors que le commandant et son équipage fuyait le navire. Une honte générale s'est soudain abattue sur le pays. Le Costa Concordia a eu plus de chance!

Séoul est une ville ultra moderne comme Bangkok, Kuala Lumpur, Singapour, Shanghai....Gratteciels  en surface, réseaux de métro hallucinants et galleries marchandes en sous-sols.

Sur le chemin du retour nous nous posons la question: et s'il fallait choisir ? Habiter à Séoul ou à Pyonyang 

 

 

 

 

 

 

 

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10 août 2014 7 10 /08 /août /2014 20:52

    Chaque fois que je clique sur "Unautretour" il y a en moyenne 3 à 4 lecteurs en ligne et le nombre total de contacts va bientôt dépasser les 100000. Etes vous seulement de passage ou revenez vous régulièrement ici faire un bout de chemin avec moi? Je ne peux le savoir mais je me sens proche de vous tous et je voudrais vous raconter une histoire...

 

Je suis parti en retraite en Juillet 2005 en passant à cette occasion un examen médical, j'ai été brillamment reçu "POSITIF" comme aurait dit Coluche, avec un taux de PSA au-dessus de la moyenne, synonyme d'une prostate pas nette.

Le départ pour "un autre tour" est prévu pour le 10 Juin 2006 et il n'est pas question de le différer: il y a des contraintes méteo (traverser l'Inde avant la mousson par exemple)  et à 60 ans la forme physique ne s'améliore pas avec les années.

Entre un mèdecin traitant qui me conseille d'attendre et un chirurgien qui me dit qu' il est urgent d'intervenir, je prends le deuxième avis avec l'option prostatectomie radicale, qui offre les meilleures chance de survie et allègera de 100 grammes le poids total roulant. Ce sera fait le 12 janvier 2006 et je partirais allégé  le 10 juin 2006 comme prévu. 

Durant 22 mois, je n'entendrais plus parler de prostate, je ne ferais aucun test de controle pour ne pas me pourrir la vie . Les cols de Andes à plus  de 4000 mètres d'altitude me prouvent que la forme physique est toujours là.

 

Au retour les tests sont bons mais trois ans et demi après l'opération, le PSA se met à croitre doucement ce qui veut dire qu'il reste des cellules cancéreuses, probablement nichées dans la "loge prostatique" mais indétectables avec les moyens actuels de la mèdecine. La solution radicale consiste à bruler les parois de la loge au lance-flamme : c'est la radiothérapie qui sera faite en Aout 2009. Le PSA  redescendra  durant un an mais il se mettra à remonter fin 2010, preuve que "ça a échappé" comme on dit dans le jargon médical mais on ne sait pas où, l'implacable processus des métastases est lancé. Je regarde le chirurgien dans les yeux et je lui demande  " J'en ai pour combien de temps?" , " Vous ètes encore tranquille pour 5 ans" me répond-t-il désolé. 2015 devient donc le bout de ma route, tous les projets à long terme disparaissent de ma mémoire, c'est dur à vivre, je ne peux mème pas espérer la grâce présidentielle, juste un miracle. 

J'abandonne le 26 aout 2011 dans Paris-Brest-Paris, la forme est là mais la tète n'y est pas, faire 1200 km pour revenir au point de départ par la mème route me parait sans grand intérèt.                

Je vais essayer la mèdecine douce mais  je n'y crois pas, je ne supporte pas le pilulier qui me rappelle trois fois par jour ma condition de malade, d'allieurs le PSA continue de grimper. On me dit à l'hopital qu'il est urgent de passer à l'hormonothérapie qui fait chuter la production de testostérone ce qui a pour effet de ralentir la prolifération des cellules cancéreuses. Je comprends pourquoi la testostérone fait partie de la pharmacopée du coureur cycliste dopé: avec elle tu voles, sans elle tu es à la ramasse avec des bouffées de chaleur en prime. J 'aime trop le vélo pour décrocher donc je m'accroche.

Il y a 3 mois je fais mon 4000 ème saut en parachute au dessus de Perros Guirec, une douleur apparait dans le bas du dos, elle deviendra vite tenace. Le taux de PSA s' envole, le scanner et la scintigraphie osseuse révèlent que la vertèbre L4 est touchée. La radiothérapie locale en cours doit permettre de diminuer la douleur et de ralentir les lésions.

Samedi dernier Monique et moi naviguons dans la rade de Brest à bord de Magic Bihan, comme à l'accoutumée le vent est plus fort prévu. L 'enchainement des manoeuvres n' est pas facile, la L4 me rappellera le lendemain qu'il faut la ménager.    

La chimiothérapie va démarrer dans 15 jours.

J'ai l'impression que Magic (celui qui a 2 roues) m'attend à la porte du Cybercafé, bien gardé par un gringo souriant. J'ai accompli mon habituel devoir de globe-trotter pédalant, il ne reste plus qu' à planter la tente pour la nuit. Vous vous souvenez: toujours l'orienter vers l' Est pour recevoir les premiers rayons du soleil, demain sera un autre jour.

 

 

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7 avril 2014 1 07 /04 /avril /2014 18:31

parade-coree-du-nord.jpg

 

 

 

Voilà nous avons reçu nos visas pour un départ Jeudi prochain vers Pyongyang via Pékin qui est la seule porte d'entrée au "royaume ermite"..  

 

" Vous ne verrez plus le monde de la mème manière à votre retour" nous a-t-on dit, on veut bien le croire.

Deux guides (l'un surveille l'autre) nous attendront à la descente d'avion et ne nous quitteront qu' à la porte des chambres d'hotel.

 

Nous aurons le temps de discuter tous les quatre durant une semaine, essayer de démèler le vrai (la parade géante de plus de 100000 figurants pour le 65 éme anniversaire du régime ) du faux ( Le tonton de Kim Jong Un jeté en pature aux chiens enragés en décembre dernier, il a été tout simplement fusillé..).   

Je vous conseille de regarder sur Youtube le film "Les demoiselles de Pyongyang" ( il suffit de rentrer ce titre sur Google). Bien sûr ce film a été filtré par la propagande mais il vaut vraiment le détour!

On vous racontera au retour...

 

Francois & Monique 

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5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 20:02

 

L' article est enfin complet avec l'album photo associé, merci pour votre patience !

  Joyeux Noël et Bonne Année 2014 à tous ceux qui viennent faire un petit tour sur " Un autre tour" .  Avec Monique, nous venons de passer 3 semaines en Birmanie le mois dernier, toujours en voyage désorganisé...  

En Avril dernier nous avons fait aussi la Route 66 en Harley Davidson: 4200 km de Chicago à Los Angeles, en passant dans certains coins déjà visités (dans l'autre sens) avec Magic en 1998. Je devrais pondre un petit article aussi... 

 

 

 

En  Décembre 2006 j'avais du mettre des pointillés sur la belle trace ininterrompue de "Magic" depuis Brest : j'arrivais à Calcutta après 14300 km , mais butais sur la Birmanie infranchissable à vélo pour cause de dictature militaire très cachotière...Un vol Calcutta / Hanoï au-dessus de la jungle birmane me permettait de poursuivre "un autre tour", bien décidé à revenir un jour dans ce pays...

 

 

Jeudi 14 Novembre : Départ de Brest ; Vendredi 15 Novembre:arrivée à Rangoon


    Brest/Roissy/Saïgon/Hanoï/Rangoon! On peut faire plus simple mais je voulais profiter au maximum des billets GP d'Air France (Merci Anita). Ca m'a permis de terminer un livre passionnaDSCF8053-copie-2.JPGnt sur Aung San Suu Kyi. Première boulette: je n'ai pas pris de visa pour le Vietnam pensant y ètre en transit alors que Saïgon/Hanoï est évidemment une ligne domestique.. Monique :" On dirait que tu n'as jamais voyagé!" Les douanes sont conciliantes et un visa express sera obtenu sur place en une demi heure. Et les bagages dans tout ça? Pas de bagages! Chacun son petit sac à dos et c'est pas le menhir des routards, la solution: larguer le sale (de prèfèrence moche et usé) et acheter du propre, c'est pas cher et ça fait des souvenirs..     Survol de Rangoon (4.2 millions d'habitants) à la tombée de la nuit, dessous défilent les toits en taules rouillées, peu de traffic dans les rues et éclairage public minimum. Grace à "Booking.com" nous avons une adresse d'hotel qu'il suffira de donner au chauffeur de taxi, surprise il ne parle pas anglais, comme à Guipavas en fait! Acceuil très sympa dans le petit hotel resto de la banlieue nord, une famille chinoise aux commandes et une armada d'employés birmans.

 

    Samedi 16 Novembre:

 

    Aung_San_Suu_Kyi_17_November_2011.jpgAu petit matin, Monique: "On fait quoi aujourd'hui? Faut qu'on s'organise!", François: " Mais c'est un voyage désorganisé qui va s'organiser tout seul, tu verras " , elle n'est pas convaincue.. D'abord trouver une bonne carte de la ville, se faire déposer en plein centre et prendre son temps, siroter un café sur une table minuscule de trottoir en se laissant  submerger par Rangoon, petit à petit..."Laisser la magie opérer" comme dirait quelqu'un qui écrit bien. Tiens un kiosque à journaux, "Do you have news in english? I want the 'official' news (je lui montre mes poignets ligotés, ça le fait beaucoup rire...) and the 'democratic' news". Vous ne me croirez pas, mais il a les deux: The new light of Myanmar avec en première page le président actuel Stein Vein (ancien militaire) recevant l'ambassadeur de Korée du Sud et le Myanmar Times avec Aung San Suu Kyi que l'on appelle aussi La Lady ou ASSK pour les américains. La presse n'est donc pas complètement muselée et c'est un signe très encourageant. Nous dégustons  les articles assis dans l'herbe du Jardin De l'Indépendance, c'est une mine d'or pour essayer de comprendre la "transition démocratique" (c'est le terme officiel) qui devrait s'opérer en Birmanie avec en clé de voute les élections de 2015. Mais les militaires retranchés dans la nouvelle capitale fantome de Naypyidaw (construite en secret à 320km au nord de Rangoon) lacheront-ils le morceau? Il semble qu'un point de non retour à la dictature ait été franchi, pour preuve la pluspart des prisonniers politiques ont été libérés.   

Direction le port au sud de la ville, la limoneuse rivière Rangoon permet aux gros bateaux de venir jusqu'ici, à DSCF8172-copie-1.JPG50km de la haute mer. Quelle activité! c'est le poumon de la Birmanie: des porte-containers, des ferries, des petites pirogues pétaradantes, un jeune birman nous propose de passer de l'autre coté en prenant un ferry. Encore des traces du cyclone Nargis qui a dévasté toute la région le 2 Mai 2008 en faisant 140000 morts. La junte militaire avait fait preuve de son cynisme en n' avertissant pas la population alors que le passage du cyclone était connu avec 48 heures de préavis et en refusant ensuite les secours.  Première bière birmane , la fameuse Myanmar dans sa bouteille de 66 cl !On en boira des litres (mais toujours une bouteille pour deux: one boottle/two glasses) tout au long du voyage qui commence déjà à se préciser!


On prendra les moyens de transport locaux (4X4, bus, train, bateau, pirogues, moto, vèlo) sauf l'avion pour découvrir le pays. Après demain ce sera le train pour Mandalay deuxième ville du pays à 650 km au nord de Rangoon. Illico nous allons à la gare au centre ville pour acheter les billets: la gare et les trains sont en état de décrépitude avancée, au moins 50 guichets alignés dans un style tout à fait colonial (My goodness! il faut bien canaliser ces indigènes!) mais un seul guichet est pourvu d'un prèposé, ça tombe bien nous sommes les seuls clients! Pas d'ordinateur bien sûr mais le bon vieux carnet à souche avec 2 feuilles carbone par billet pour garder trace du passage de ces 2 olibrius. "Vous serez en Upper Class, première voiture, sièges B1 et C1, départ à 06.00 du matin mais soyez là à 05.30, arrivée à Mandalay à 20.00 heures" ,"S'il n'y a pas de retard.." ajoute notre préposé avec un petit sourire. Bigre 14 heures pour faire 650 km soit 46 km/h de moyenne, on va avoir le temps de voir le  pays, c'est parfait!  

 DSCF8203.JPG   Retour sur l'herbe du parc central pour faire le bilan de cette première journée: ravis! les gens sont très cool, souriants, une jeune femme allaite son bébé à quelques mètres, un birman d'une vingtaine d'année propre sur lui vient discuter: il fait une thèse sur le tourisme, son père est mort d'une morsure de serpent il y a 5 ans, il dort dans un monastère..Il nous pose aussi beaucoup de questions avant de s'éclipser. Pour Monique c'est notre premier interrogatoire ! Il y en aura d'autres, ca commence habituellement par:" Where are you going?" ma réponse est toujours la mème "I don't know" et c'est souvent vrai. Ca les laisse très perplexe. Il est 5 heures du soir, le soleil commence à plonger derrière l'horizon, dans une demi heure c'est la nuit noire: elle vient très vite à 16 ° de latitude nord, ici on ne voit pas l'étoile polaire qui est trop basse sur l'horizon. Orion et Cassiopée sont magnifiques, ca me rappelle La Havane: l'éclairage est inexistant mais on s'y habitue, le ciel étoilé vaut tous les lampadaires du monde..Par contre la lampe torche est indispensable car les trottoirs sont un piège à piétons: des trous partout, des caniveaux non recouverts, des gens et des chiens qui dorment, des bouquins sur un tapis, des petites tables pour manger avec des chaises de 30cm de haut, des marmites qui chauffent.  On mange un "Fried rice with chicken" dans un petit resto bondé pour 3$ (2.3 €), la monnaie locale est le Kyatt, la conversion est facile : 1$ =1000 kyatts et il n'y a pas de pièces, ça c'est pratique. "Mingala ba" est le salut qu'il faut connaitre et que l'on recoit aussi toujours en retour.

 

  Dimanche  17 Novembre:

DSCF8219-copie-1.JPG

   La pagode Shwedagon est la plus belle, grandiose, impressionnante, envoutante du monde. C'est Dimanche: les birmans ont envahi leur site sacré préféré, souvent en famille avec tout le nécessaire (victuailles, couverts, réchauds) pour passer une bonne journée! J'avoue n'ètre pas un fan de Boudha ni de ses milliers de pagodes et autres stûpas, mais observer ses fidèles et participer (pieds nus)à cette ambiance chaleureuse est un réel plaisir.

La maison de Aung San Suu Kyi est au bord du lac Inya au Nord de la ville tout près de l'Université. La porte d'entrée de la propriètè est aux couleurs de son parti politique LND (Ligue Nationale pour la Démocratie), son père le Général Aung San héros de l'Indépendance birmane . La Lady (68 ans) a été assignée à résidence ici par la junte militaire durant un total de 15 année de 1989 à 2010. Elle avait coutume de paraitre à cette porte vers  16 heures le DSCF8263 [800x600]Samedi et le Dimanche pour discuter politique avec les habitants. Nous ne la verrons pas aujourd'hui! Des bus arrivent avec des moines boudhistes et des touristes qui vont poser pour la photo. Des voitures klaxonnent en passant sur le boulevard et des mains s'agitent aux portières en signe de solidarité. Pas un seul policier ou militaire (visible) dans le secteur. La Lady est depuis 2012 députée au Parlement suite à des élections partielles, elle a déjà annoncé sa candidature pour la Présidentielle de 2015. Nous nous rappelons la visite de la maison de Nelson Mandela à Soweto il y a 2 ans, beaucoup de similitude entre ces deux destins. Une envie de lui crier en partant: "Bonne chance Suu Kyi".

 


Lundi 18 Novembre:

 

    A 5.30 heures pètantes nous sommes à la gare, il fait encore nuit. Un hall de gare immense qui ne doit pas avoir changé depuis 100 ans. Des sacs informes (solitaires ou groupés) dorment sur le ciment, les chiens par contre sont déjà debout à la recherche d'une maigre pitance. Le train est à quai, je remonte la voie pour saluer le conducteur et le mécanicien à poste dans la motrice diesel hors d'age, manifestement nous allons ètre sous motorisé...Notre wagon Upper Class est juste derrière la motrice, la meilleure place en cas de déraillement..

 Nous partons avec 10 minutes d'avance, le jour est arrivé sans crier gare. Une réelle misère le long de la voie: des gens dorment sur le ballast parfois à moins d'un mètre des rails, des enfants et des animaux traversent la voie recouverte d'herbe, des abris de fortune un peu partout, le conducteur garde le pied sur son klaxon à réveiller les morts.

Le train passe au plein milieu des villages, en fait ce sont les villages qui sont venus au train. On pourrait attraper sans problème le linge qui sèche dehors. Les paysans sont déjà au champ ou plutôt à la rizière, les charrues sont tirées par deux boeufs en cote à cote, parfois un petit motoculteur chinois mais pas de tracteurs. Le train accélère un peu entre les villages et les mouvements du wagon deviennent DSCF8342.JPGfrénétiques: Tchak ah tchak....Tchak ah tchak...Tchak ah tchak...on se demande si on est toujours sur les rails. Briefing Sécurité avec Monique: " Si tu sens que le wagon part sur le coté, tu te laisses glissé sous le siège de devant et tu t'accroches comme une forcenée aux deux pieds, là!  Il faut absolument éviter d'ètre projetée au plafond qui va ètre écrasé si on fait un tonneau, pigè?" Je n'arrive pas à savoir si notre wagon est "normal" ou s'il a un gros problème mécanique. Nous sommes heureusement en plaine jusqu'à Mandalay, sinon je descendais dans une gare c'est sûr! Je regarde avec envie la route qui longe la voie ferrée, avec Magic la-dessus c'était du billard et pas du corbillard comme en ce moment! A chaque gare les marchands de nourriture prennent d'assault les wagons : thé, café, eau, bananes, fried rice, gateau, y a qu'a se servir et c'est pas cher!! La nuit tombe et nos paupières aussi, déjà 12 heures que nous sommes dans ce shaker! j'en ai marre et suis de mauvaise humeur;

Nous arriverons à Mandalay à 22 heures soit 16 heures à 40km/h de moyenne, le dos cassé malgré un siège souple et inclinable avec une pensée émue pour les 2ème Classe sur leurs banquettes en bois!  On rejoint l'hotel sur le tablier d'un Toyota, à la guerre comme à la guerre...

      

    Mardi 19 Novembre

 

Journée moto à Mandalay :aujourd'hui en passager ( 2 motos donc) et demain on essaiera d' en louer une  "sans DSCF8399 [800x600]chauffeur", ce qui est normalement interdit en Birmanie, idem pour les voitures. C'est très agréable de sillonner la ville sur ces machines de 125 cm3 confortables et silencieuses. 1000000 d'habitants, centre géographique et capitale religieuse du pays. L'immense palais royal a pris feu sous les bombardements de la seconde guerre mondiale, les 1600 mètres de muraille abritent maintenant une garnison. En lettres d'or sur le fronton: " L'armée et le peuple coopèrent et écraseront tous ceux qui attaquent cette union." Nous voilà rassurés!!

Pour bien voir la ville il faut monter sur la colline et de préférence au coucher de soleil: 1700 marches à gravir pieds nus au milieu des pagodes mais le spectacle vaut le déplacement malgré un pied de nez du soleil qui se

couchera à l'abri des nuages.   

     DSCF8461 [800x600]       Ce soir les "Moustaches Brothers" sont en représentation dans leur garage de la ville basse. C'est une petite troupe familiale (opéra, danse, mimes..) qui sillonnait le pays et avait donné un spectacle chez ASSK le 4 janvier 1996 jour de l'Indépendance en se lachant sur la critique du gouvernement. Résultat 7 années de travaux forcés pour les 2 frères moustachus...Ils ont repris le flambeau! Une bonne blague birmane: " Savez vous pourquoi les birmans vont en thaîlande pour se faire arracher les dents ? Parcequ'en Birmanie ils ne peuvent pas ouvrir la bouche ! "

Vous voyez sur la photo le rappel des organismes sympathiques , il y a aussi une pancarte pour le SDEC bien de chez nous !!


 

  Mercredi 20 Novembre 

 

Ca y est! On a pu avoir une seule moto pour nous deux, une 150 cm3 chinoise, elle aurait pu ètre japonaise mais c'est plus cher . Ces petites motos ont envahis toute l'Asie et ont démocratisé le transport : confortables, silencieuses et pas trop rapides, bref le pied!  

DSCF8526 [800x600]Quel sentiment de liberté de pouvoir partir sans contraintes où bon nous semble. Ce sera cap au Sud vers Amarapura et son fameux pont d''U Bein en bois de tek de 1200 mètres de long et seulement ouvert aux piètons. C'est un point de vue idéal pour observer la société birmane: les pècheurs passent dessous en pirogues, les boeufs tirent les charues sur les berges..Ensuite route vers Sagaing, ancienne capitale célèbre pour ses poteries. Tuuut....Tuuut....  l'alarme sonore du clignotant reste soudain coincée en position marche, impossible de l'arrèter: c'est l'attraction à chaque arrèt avec en plus deux étrangers sur la mème moto...On trouvera un petit garage qui remettra tout en ordre pour 0.5 euro. La nuit tombe quand nous arrivons à Mandalay, la circulation est très dense et il n'y a ni feux ni stop dans les carrefours et pourtant ça passe: la technique est d'anticiper une ouverture et surtout de ne pas s'arrèter... Soudain au milieu du traffic la moto s'arrète net: panne d'essence au milieu du traffic! Panique ! Un birman accoure et essaie de démarrer la moto avec le kick, je lui crie: NO GAZOLINE!! Il repart en courrant et revient en moins de 30 secondes avec une bouteille d'eau minérale pleine d'essence! Chapeau bas: un exemple de coopération entre les peuples!

 

Jeudi 21 Novembre        

 

DSCF8673 [800x600] Lever ce matin à 05.15, nous prenons le bateau pour Bagan sur le fleuve Irrawaddy  qui traverse la Birmanie du Nord au Sud. Nous sommes une cinquantaine de passagers sur ce bateau à fond plat, la hauteur d'eau sur le fleuve est parfois inférieure à 1 mètres et il faut louvoyer entre les bancs de sable, la hantise de notre pilote est de s'échouer. Un "navigateur" scrute l'avant du bateau et m'explique qu'il connait la profondeur en fonction de la couleur de l'eau: me voilà rassuré car il n'y a pas de chaloupes de sauvetage, remarquez on pourra toujours essayer de regagner les berges à pied, à moins que le courant nous emporte. Nouveau brieffing Sécurité pour Monique...10 heures plus tard nous accostons une berge boueuse à Bagan;

 

Vendredi 22 Novembre

 

Bagan (50000 habitants) est la ville aux 4000 pagodes, temples et stupas , j'en ai compté 3997 (non, je blague!) certains disent que c'est en fait 13000 mais comme dirait Coluche " Je pense que c'est exagéré". J'avoue que la vue est absolument magique et parcourir les 40 km2 du site sur des motos (encore!) électriques individuelles est un vrai régal. Le soir tout le monde escalade la pagode Shwesandaw par des escaliers à pic (s'abstenir si vous étes sujet au vertige!) pour admirer le coucher de soleil qui fait briller toutes les dorures, vraiment stupéfiant! Le soleil birman est farceur, il se couchera encore derrière les nuages.

Malgré cet afflux touristique, les locaux vivent très pauvrement dans des petits villages près du fleuve. En 1990 la junte militaire les a obligés à quitter la zone des temples et à construire leur "cabane" en moins d'un mois. Raison évoquée: ils creusaient autour des temples pour chercher des paillettes d'or et des pièces précieuses; Les récalcitrants ont été incarcérés, comme d'habitude...

 

Samedi 23 Novembre

 

Aujourd'hui direction le mont Popa en pick-up Toyota à une cinquantaine de kilomètres de Bagan. Nous sommes ébahis par la beauté des étals de  fruits et légumes dans les villages traversés, nous avons des progrès à faire dans ce domaine sur nos marchés !  L'attraction du mont Popa est un éperon volcanique de 700 mètres de haut envahi par des  singes agressifs. Encore une longue grimpette pieds nus (merci Boudha) entre des stands divers pour atteindre le temple juché au sommet. Sur le parcours on peut faire des offrandes ( kyats, dollars ou euros acceptés..) à des officiants boudhistes qui vont faire une prière aux esprlts (les nats) d'autant plus longue et plus tonitruande que la somme versée sera élevée, bien vu...A méditer dans nos églises quand la religion reprendra le dessus, le balancier de l'histoire !  

Sur la route du retour vers Bagan nous nous égarons à pieds sous la canicule à la recherche d'un point d'eau pour les buffles que nous ne trouverons pas, attention aux serpents dans les hautes herbes  

 

Dimanche 24 Novembre

 

Départ du bus pour le lac Inle ce matin, il y a 8 heures de route à travers la grande plaine centrale avant d'atteindre les montagnes à l'est qui séparent le pays du Laos et de la Thaîlande. Le bus est archi bondé, y compris le couloir central où on s'assoit sur des petites chaises en plastique. Une feuille circule pour les étrangers qui doivent inscrire leurs noms et numéros de passeport. Au fait nous n'aurons pas eu un seul controle de police dans ce pays, la France serait-elle plus "fliquée" que la Birmanie? Paysages de montagne somptueux avec beaucoup de fleurs et de rizières, ça me rappelle la traversée du Laos avec Magic en Janvier 2007.

On logera au Teakwood Guesthouse (tout est en tek en effet) sur les traces de Nicolas Hulot passé par ici il y a quelques années. La proprio est connue pour son sens des affaires, on le remarquera très vite mais nous réussirons quand mème à faire diviser par deux le prix de la journée de pirogues.

 

Lundi 25 Novembre

 

Le lac Inle est à 900 mètres d'altitude, il fait une vingtaine de kilomètres de long sur une dizaine de large. Les pirogues elles font 8 mètres de long et 80 cm de large, elles sont donc très rapides avec leur moteur chinois monocylindre mais aussi très instables surtout à l'arrèt. Notre piroguier Intha (la tribue du lac) est très sympa et parle très bien anglais. On va sillonner le lac toute la journée pour voir les villages sur pilotis avec l'artisanat local (orfèvreries, métier à tisser, fabrique de cigares...), les temples aussi mais pas trop car nous sommes gavés, les jardins flottants...

Les pècheurs du lac sont la grande curiosité avec leurs filets en forme d'entonnoir et surtout leur facon de ramer avec une jambe qui entoure l'aviron en leur laissant les deux mains libres pour manier leur filet. Le sunset sur le lac est bien sûr à ne pas manquer: comme d'habitude le farceur passera derrière les nuages.

 Dépèchez vous d'y aller car les touristes envahissent le pays, leur nombre est passé de 300000 à 1 million en trois ans , on "espère"  3 millions en 2015 et sans doute plus si Aung San Suu kyi gagne les élections!

Nous rencontrons le soir 3 vendéens qui partent demain en taxi pour Tangoo voir les éléphants, on y va aussi et on se donne rendez-vous la-bas

 

Mardi 26 Novembre

 

DSCF9205 [800x600] - Copie

 Il nous faut des photocopies de passeports en 5 exemplaires pour aller demain dans les montagnes voir les éléphants, heureusement nous sommes à vélo car il faudra moultes palabres et fausses pistes pour  trouver enfin un photocopieur à peine déballé dans une boutique dont nous serons les premiers clients, le propriétaire est très fier de cette inauguration imprévue.

Encore 8 heures de bus (archi bondé) plein sud pour rejoindre Taungoo où nous arrivons à 22 h (il fait nuit depuis 4 heures) . Nous montons à 3 sur une petite moto avec tous les bagages pour rejoindre le Beauty Family, guest house bien connue du Docteur Chan.

 

 

 

Mercredi 27 Novembre

 

Nous sommes 5 avec les 3 vendéens assis sur une couverture à l'arrière du Toyota en route vers le royaume des éléphants. Arrèt au marché pour prendre plusieurs régimes de bananes La montagne émerge de la brume et le paysage est vraiment irreél. Au bout de 3 heures sur une route très étroite nous arrivons dans un petit village, les éléphants (4 adultes et 2 petits) sont dans la rivière en contrebas avec leurs cornacs qui les lavent DSCF9333 [800x600]affectueusement avant la journée de travail. Nous les suivrons à pied jusqu'au lieu de travail plus haut dans la jungle. Ils doivent rassembler des troncs de tek dans une clairière. Les voir travailler avec les cornacs qui battent des jambes derrière leurs oreilles pour les guider et les encourager  est vraiment inoubliable: une impression de puissance et de docilité mélangées un peu comme la rencontre de baleines en haute mer. Lorsque le tronc se coince dans les branchages, l'éléphant s'arrète, reprend son souffle et pousse un barrissement à vous glacer le sang  tout en s'arqueboutant dans un ultime effort, on a l'impression que les grosses chaines qui relient son poitrail au tronc vont éclater...Quel spectacle de la nature!

Nous redescendons à pieds au village derrière les éléphants pour la pause bananes. Un siège biplace (dos à dos) est monté sur chaque éléphant pour la promenade touristique: une sous ventrière et une corde qui passe sous la queue assure une fixation du siège à toute épreuve, nous saurons vite pourquoi... Après une entrèe en matière pépère dans la rivière, nous attaquons le relief très pentu et en montée, c'est rock'n'roll mais ça va! A droite c'est vertigineux, notre cornac fait signe : on va y aller ! Je vois l'éléphant qui nous précède se mettre à genoux sur ses pattes arrière pour diminuer l'inclinaison et se laisser glisser dans la pente et ça passe! hallucinant! on irait partout avec ces braves bètes !

Nous rencontrons le soir l' éclectique Docteur Chan qui est à la fois docteur, hotelier, guitariste, conteur...Il va dans les villages très reculés où la population n'a aucun moyen de se soigner et où 2 enfants sur 7 ne survivent pas au-delà de l'age de 5 ans.  

 

 

Fin du voyage:


Nous passerons encore un jour à Tangoo avant de reprendre le bus vers Yangoon à 220 km en empruntant l'autoroute déserte construite par les militaires entre la nouvelle et l'ancienne capitale.

Après une dernière journée à Yangoon où nous retrouvons notre hotel initial, nous prenons l'avion pour Hochiminh Ville pour 4 jours au Vietnam, mais ceci est une autre histoire !   

 

             

 

 


 

 

 

 

 

 

          

Published by francois pouliquen - dans unautretour
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25 décembre 2011 7 25 /12 /décembre /2011 21:00

Meilleurs voeux 2012 à tous ceux qui viennent encore de temps en temps voyager sur "Un autre tour" !

 

 

 

 

Airbus-A380-Air-France-1.jpgLundi 5 décembre 2011, Roissy Charles de Gaulle, 22h30. Vol Air France AF990 vers Johannesburg.

Les 4 énormes réacteurs de l'Airbus A380 ronronnent au ralenti, nous allons quitter le parking...Une demi- heure plus tard: "Ici votre commandant de bord, nous sommes retardés par un problème technique, vous serez informés de l'évolution de la situation, nous vous remercions de votre compréhension".  Vers minuit: " Le problème technique (en fait un camion citerne a heurté la nacelle d'un réacteur) n'a pas pu ètre résolu, le vol est annulé , nous allons vous servir un repas froid à bord puis vous serez dirigés vers les hotels de l'aéroport."  A 1h30 du matin 510 passagers re-débarquent dans Roissy, tout le monde reste zen, les blancs comme les noirs,  nous avons tout le temps de faire connaissance car nous ne serons pas à "Joburg" avant midi après-demain !

 

 

 

Avec Monique, nous avons décidé de partir la-bas il y a seulement 2 semaines. Je viens de lire " Un long chemin vers la liberté" de Nelson Mandela et ça m'a donné une furieuse envie de découvrir ce pays quelques 30 années après la fin de l' Apartheid.

Voyage "désorganisé" donc, nous allons louer une petite Nissan Micra (et un GPS!) à l' aéroport et passer une première nuit dans l' unique "backpacker" de Soweto, après on verra... SOuth WEst TOwnship est le berceau de la révolution anti-apartheid, les blancs (10% de la population) avaient en 1948 chasser les noirs DSCF2852--Copier-.JPG(90% de la population) des grandes villes pour les parquer dans des bidonvilles avec un robinet d'eau pour 2000 personnes en moyenne. Les townships sont à une vingtaine de kilomètres des villes pour éviter que les noirs puissent y revenir à pieds mais pas trop loin non plus pour avoir de la main d'oeuvre disponible... Pas de droit de vote, interdiction des mariages mixtes, "passeport" obligatoire dans leur propre pays, obligation de parler l'Afrikaner dans les écoles, pancartes " FOR WHITES ONLY" un peu partout, véritable esclavage dans les mines d'or et de charbon pour des salaires de misère....

Un nationaliste blanc résume bien la situation:

" Les Blancs et les Noirs ne peuvent pas vivre en paix et en harmonie dans le mème pays. La conclusion évidente est que la ségrégation territoriale est le seul moyen de maintenir la paix et le bonheur de tous en Afrique du Sud. J'affirme que la place de l'indigène dans son propre pays ne doit ètre assignée que dans des zones séparées des Blancs, pour que la nature qui les a faits différents ne les fasse pas vivre ensemble."  Relisez 3 fois ce paragraphe et prenez 3 minutes pour méditer ou ..pleurer 

  ctevvv1bfp5cyspbfumo0auio1_500.jpg

Nous nous sommes "promenés" à vélo dans Soweto  toute une après midi. Si la ségrégation raciale a pris fin en 1991, la ségrégation sociale est toujours là, les Blancs sont toujours riches et les Noirs toujours pauvres...mais ça va changer, il faut que ça change!!

Les Noirs ont déjà gagné ce qu'il y a de plus important: la fierté d'avoir mis fin à l'apartheid et d'avoir retrouvé la liberté. Nelson Mandela n'a pas fait 27ans de prison pour rien, les jeunes de Soweto ne sont pas morts pour rien le 16 juin 1976, photo ci-contre...

Ce qui frappe dans Soweto c'est la bonne humeur, malgré les maisons minuscules en taules ondulées, malgré les poubelles qui jonchent les ruelles boueuses. Les descentes de police en camions blindés avec les chiens, les hélicoptères Puma (merci laFrance!)  qui patrouillent dans le ciel pour semer la panique, tout ça c'est fini. Je voyais l' Afrique du Sud comme un pays blanc au sud d'un continent noir: ce n'est pas ça du tout, South Africa is black, mème à Pretoria rebaptisée Tshwane on ne voit que des noirs, retour aux sources, enfin... 

  

Nous avons mis le cap à l'est vers la frontière du Mozambique, la petite Micra est poussive: le filtre à air est surDSCF2772--Copier-.JPG la banquette arrière, ça va pas vraiment plus vite mais ca fait un bruit plus sympathique. On roule à gauche ici et faut faire gaffe car ça déboite à tout va! 16000 morts par an, 4 fois plus qu'en France pour 2 fois moins de voitures et c'est le départ pour les grandes vacances d'été, eh oui on est dans l' hémisphère sud. Le relief change peu à peu, des hautes collines, des centrales électriques avec leurs tours de refroidissement, des canyons à couper le souffle. Des townships ça et là annoncent la présence de mines d'or ou de charbon, faut bien de la main d'oeuvre... 

 

DSCF3138--Copier-.JPG

 

 

 

Nous voici dans la réserve naturelle du Kruger à cheval sur l' Afrique du Sud et le Mozambique, plus de 1000 km du Nord au Sud. Interdiction de sortir de la voiture (attention à la panne séche!), vitesse maximale 50 km/h: les éléphants-lions- rhynoceros- girafes-singes- impalas-bufles... traversent la route peinards. Les lacs et les rivières sont le domaine des hippopotames et des crocodiles. Des camps protégés permettent de passer la nuit, pour rester dans le ton on choisira la "tente safari", posée sur un plancher quand mème pour éviter les petites bètes...

 

 

 

  DSCF3252--Copier-.JPG

 

 

Cap au sud vers le Swaziland, un pays plus petit que la Bretagne enclavé dans l'Afrique du Sud. La nature y est somptueuse mais il y a quelques ombres au tableau: espérance de vie 37 ans, 25% de la population est séropositive, le roi Mswati III est un monarque absolu: il vient de se payer un avion de 36 millions d'euros c'est l' équivalent du budget santé du pays mais il pourra s'envoyer en l'air avec sa quinzaine d'épouses..

On est tombé pile sur la grande fète annuelle de l' Incwala calée sur la pleine lune de décembre. Environ 20000 guerriers vètus de peaux de bètes avec lances et boucliers prètent allégeance au roi, les blancs sont "tolérés" mais les appareils photos sont interdits ainsi que les femmes en pantalons! Pendant 2 heures debout sous un soleil de plomb on fera Tzzzzzt..Tzzzzt en s' appuyant alternativement sur la jambe droite puis la jambe gauche, sans doute pour imiter le serpent? " Kenavo" nous dira un guerrier swasi à la fin de la cérémonie, il avait fait ses études à Lorient!  . 

 

Retour vers Jo'burg en passant par le Zoulouland et les nombreux champs de batailles où les Zoulous, les Boers et les Anglais se sont pourfendus à coeur joie pendant plusieurs décennies.

" Ton article finit en queue de poisson" vient de me dire Monique, ben je dirais alors que la Nissan Micra ne m'a pas fait oublier Magic, on doit mieux sentir le relief et les (énormes) crottes d'éléphants quand on est sur un vélo.

 

Un album photos devrait suivre 

    

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