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12 mars 2006 7 12 /03 /mars /2006 23:49

Aujourd'hui jour J-90. Le cap des 3 mois restant est passé, j'ai l'impression qu'il faut passer à la vitesse supérieure!  La préparation de ce deuxième tour me parait plus laborieuse que le premier, ceci est du principalement à la masse énorme d'informations disponible sur le Net : informations sur les pays traversés (site Lonely Planet et autres), climat le long de la route (meteoconsult), vision du parcours à partir de photos satellites (google.earth), des centaines de sites de voyageurs....L'objectif est-il de réaliser le voyage avant de l'entreprendre?  Il faut laisser la place à l'imprévu qui de toutes facons prendra très vite le dessus.

Itinéraire:

Je décide finalement de m'éloigner du Net et d'utiliser mon vieil Atlas papier qui a déjà servi il y a 9 ans. Le curvimètre électronique s'avère très pratique pour évaluer les distances sur des cartes qui sont  à des échelles différentes. La première partie du voyage sera la plus grande diagonale de notre planète reliant Brest à Sydney : 24000 km de vélo avec environ 1300 km de bateau pour traverser la mer de Timor vers Darwin en Australie. La traversée de la Birmanie (Myanmar) restera probablement interdite, dans ce cas je prendrai un vol Calcutta / Hanoi pour rejoindre Bankok par le Vietnam et le Laos. Je prévois un an pour rejoindre Sydney, la distance correspond à mon premier tour du monde ou j'avais mis 333 jours. Après la traversée du Pacifique en bateau de Sydney à Valparaiso, la deuxième partie du voyage comprendra 8500 km en Amérique du Sud pour relier Recife sur la cote atlantique. Après la traversée de l'Atlantique en bateau de Recife à Dakar, la dernière partie du voyage sera une remontée de l'Afrique vers Gibraltar , puis l'Espagne et enfin la France pour rejoindre Brest.   

 

Pays

Ville

Km

Date   

France Brest 0 10 juin 2006
Allemagne  Munich  1620  5 juillet
Autriche  Vienne  2060  12 juillet
Hongrie  Budapest  2360  16 juillet
Roumanie  Bucarest  3240  31 juillet
Bulgarie  Burgas  3600  6 aout
Turquie  Istambul  3850  10 aout
Iran  Teheran  6630  22 septembre
Pakistan  Lahore  9640  10 novembre
Inde  New Dheli  10200  18 novembre
   Calcutta  11800  13 décembre
 Calcutta / Hanoi              par avion    
Vietnam Hanoi  11800  16 décembre
 Laos  Savannaketh  12800  30 décembre

 Thailande

 Thung Song  14260  22 janvier 2007
Malaisie  Kuala Lumpur  15010  04 février
Singapour  Singapour  15560  16 février
Indonésie  Jakarta  17160  14 mars
   Bayawa  18700  08 avril
Bayawa/ Darwin par bateau    
Australie Darwin  18700  16 avril
  Alice Springs 20300 10 mai
  Sydney 23550  30 juin
 Sydney/ Valparaiso  par bateau    
Chili Valparaiso 23550  07 aout
Argentine Buenos Aires 26480  22 septembre
Uruguay  Tacuarembo  27000  30 septembre
Bresil  Recife  32000  16 décembre
 Recife / Dakar  par bateau    
Senegal  Dakar  32000  06 janvier 2008
Mauritanie  Nouakchott  32600  15 janvier
Algérie  Tindouf  34250  11 février
Maroc  Tanger  35900  08 mars
 Tanger/cadix  par bateau    
Espagne Madrid 36600 23 mars
 France  Bordeaux  37360  04 avril
 ARRIVEE  Brest  38100  15 avril

   

 

 

 

 

 

 

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19 février 2006 7 19 /02 /février /2006 22:00

Parceque sillonner notre planète sur deux roues est un plaisir incomparable. On se rend compte que l'on peut encore échapper à l' objectif de notre société de consommation qui est de créer chez nous des besoins et donc de l'insatisfaction si nous ne pouvons pas les assouvir. Sur Magic  , ma maison à deux roues, j'ai tout ce qu'il me faut et juste ce qu'il me faut, je ne peux mème pas accepter de cadeaux car c'est du poids en plus (en fait je les accepte et je fais moi mème des cadeaux 20 km plus loin!). C'est un dénuement voulu pour assouvir une passion: découvrir, découvrir...

On me souhaite souvent "bon courage", c'est "bonne chance" qu'il faut me souhaiter. Le vélo est pour beaucoup synonime de souffrance: faut pousser fort sur les pédales et ca fait mal aux fessesl! Au début oui, puis très vite avec l'expérience on trouve une position idéale sur le vélo et on sait utiliser un dérailleur pour mouliner avec les jambes à 90 tours/minute quelle que soit la pente.   Alors, mème la montée d'un col des Alpes avec 30 kg de bagages devient un régal: à 5 ou 7km/h en danseuse on avance gentillement  sans mème voir le vélo mais en regardant les fleurs sur le bord de la route et les vaches (toujours les vaches) dans les paturages. On est réceptif à toutes les sensations: les odeurs, le souffle du vent, les moindres variations de température, le bruit d'un rocher la-bas qui dégringole... et on plaint vraiment les automobilistes qui nous dépassent. Je suis toujours frappé par la mine réjouie des gens juchés sur un vélo, il doit bien y avoir une raison?

Un tour du monde, c'est beaucoup de route pratiquement tous les jours. On apprend vite à aimer ce monde à part. Ce n'est pas le monde aseptisé des aéroports, ici c'est un monde rude qui sent le gas-oil et l'huile de coude. Plus la route est dure, plus la solidarité est grande! "Noorrmal" dirait le routier russe qui vient de s'enquiller 3000 km de transsibérienne, jamais tout seul mais avec son pote Igor (2ème chauffeur) et Natacha une copine qui profite du voyage. On est habituellement 3 dans un camion russe. Que peut faire un cycliste au milieu de tous ces camions? Eh bien il doit tenir sa place et se faire respecter, montrer qu'il vient de loin et que lui aussi à une mission à accomplir. J'ai souvent fait rouler des camions à 10 km/h derrière moi dans des cotes sans visibilité, signe amical et encouragements étaient là dés qu'ils pouvaient me doubler.  A l'approche des grandes villes, le traffic augmente progressivement , les petites guimbardes au rayon d'action limité apparaissent, la densité des restos et des cafés augmente, les jupes raccourcissent. On est comme un marin qui touche le port après une longue traversée.

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